Qu’est-ce que le Tai Chi Chuan ?
Le Tai Chi Chuan (ou Taiji Quan) est un art martial chinois interne.
- C’est un art martial (wushu) : les mouvements qui composent l’enchainement (la Forme) correspondent à des techniques d’autodéfense.
- C’est avant tout un art « interne », en opposition aux arts externes qui privilégient le travail musculaire et l’efficacité du geste, tandis que les arts internes insistent sur la souplesse, le travail du souffle et la continuité du mouvement.

Cette pratique s’est développée autour de quatre grands courants : l’acupuncture traditionnelle, la méditation taïste, les arts martiaux et la philosophie taïste. Le Tai Chi Chuan est ainsi un art martial non violent, puisque le combat n’est pas sa finalité : il repose sur l’utilisation de l’énergie et non de la force physique.
Il est parfois décrit comme une gymnastique douce : la Forme est réalisée lentement, dans la continuité du geste et avec souplesse. C’est vrai, mais très incomplet : l’apprentissage des mouvements n’est que le début, le support sur lequel on vient approfondir les principes du Tai Chi Chuan au fil des années de pratique.
Trois qualités fondamentales
Lenteur, continuité, souplesse
La lenteur
Elle permet de suivre le geste du bout des doigts aux orteils à chaque instant : elle requiert présence, concentration et conscience du corps dans sa globalité.
La continuité
Elle installe une dynamique dans l’exécution des mouvements, donnant l’impression d’une respiration des mouvements (Yin Yang).
La souplesse
Elle s’installe petit à petit avec la pratique des Chi Gong taïstes et de la Forme, qui détendent et étirent les chaînes tendino-musculaires du corps.
Le Tai Chi Chuan, c’est aussi…
- la recherche du geste juste : à travers les différents niveaux de pratique, les mouvements sont affinés, les mouvements parasites gommés, les crispations musculaires disparaissent
- la circulation des Souffles
- le développement progressif d’un état de concentration élevée et de présence à soi : l’intention et l’attention sont deux qualités qui se forgent par la pratique
- la pratique avec un partenaire qui permet de tester et corriger les postures, mais aussi les niveaux pratiqués. Ces applications en douceur mettent en lumière les progrès réalisés au fil du temps.
- le travail à deux (Tuishou) : une autre façon de dialoguer avec un partenaire, les mains deviennent à la fois les oreilles et les cordes vocales de cette communication
- la pratique des armes, en solo et avec un partenaire
- une pause, un moment pour soi
Histoire mythique de la naissance du Tai Chi Chuan
La civilisation chinoise a souvent produit des histoires mythiques pour raconter son Histoire. Le Tai Chi Chuan en fait partie ; plusieurs versions existent, en voici une :

Il est raconté que l’origine du Tai Chi Chuan remonte au XIVe siècle et est associée à Zhang Sanfeng, un ermite taïste vivant sur la montagne Wudang. La légende raconte qu’il observa un combat entre un serpent et une grue, chacun usant d’une stratégie différente : le serpent de mouvements souples et circulaires, la grue de mouvements amples et puissants.
Une fois le combat terminé, Zhang Sanfeng conçut une technique où les mouvements circulaires et fluides s’associaient à des frappes puissantes et directes : le Tai Chi Chuan était né.
Cette histoire est chargée de symboles forts dans la culture taïste. La grue et le serpent sont deux des cinq animaux du Taoïsme, symbolisant la longévité et le bonheur (la grue) et la force interne, le Chi (le serpent). Le combat entre les deux, qui alterne fluidité et puissance, rappelle la notion de Yin-Yang qui est au cœur du Tai Chi Chuan.
